vendredi 30 mai 2014

Notre réaction suite à la parution du journal municipal "Loos Actus".

Notre réaction suite à la parution du journal municipal "Loos Actus". 




Collectif « Citoyens Loossois »                                                               le 23 mai 2014
59120 Loos





Madame le Maire,



          Nous nous sommes rencontrés vendredi 16 mai après-midi, pour présenter notre collectif, dire ce que nous faisions et vous demander des précisions sur vos projets concernant les familles installées sur le parking de la prison de Loos.
Vous nous avez indiqué ne pas pouvoir donner de réponse lors de cette rencontre et décision fut prise de nous retrouver de nouveau mi juin.
Nous avons donc légitimement été surpris dimanche 18 au matin de trouver dans le journal municipal l’information suivante :

« le débat sur la question de l’accueil des familles migrantes se tiendra le 12 septembre prochain dans les comités de quartier et sera soigneusement préparé ».

Nous avons de ce fait vraiment l’impression d’avoir été abusés, et ressentons un manque de communication et de transparence de votre part.

Nous regrettons vivement cette façon de faire qui empêche de bâtir la confiance et d’avancer ensemble.



 Veuillez agréer, Madame le Maire, nos salutations distinguées



                                                                   Le collectif « citoyens Loossois »



PS : nous venons d’apprendre que 5 dossiers d’inscription scolaire (enfants des familles du terrain de Loos) sont en attente de la signature du Maire depuis 2 mois. Pouvez-vous remédier à cette situation ? 

Rencontre avec les familles




Entrevue avec Madame Voituriez

Compte rendu de la réunion du vendredi 16 mai 2014
entre Madame le Maire de Loos et le collectif Citoyens Loossois

Présents

Pour la Mairie : Madame Le Maire, M Decorte, M Decrock (DGS)

Pour le collectif : Anne Dhalluin, Marie Dhennin, Malika Msakoum, François Verdonck, Jean-Luc Munro

Anne Dhalluin rappelle l’origine du collectif :
Défense de la nouvelle implantation des populations migrantes installées sur l’Epi de Soil et la route de Sequedin face à l’hostilité d’une partie de la population relayée par certains membres de l’opposition municipale de l’époque.

Le collectif considère que l’implantation de ces populations sur le parking de la prison est un « mieux » sanitaire par rapport aux anciennes implantations. Il a toujours été convenu que cette solution était provisoire. La vraie solution est l’installation dans un habitat diffus de la métropole pour toutes les familles souhaitant s’intégrer.

Le collectif s’attache à deux actions depuis cette installation :
-        Faciliter la vie des populations sur le site avec l’association Canal, chargée de gérer la logistique du site. Ceci passe par des visites périodiques pour contrôler l’état du terrain et remonter les problèmes vers LMCU et la préfecture.
-        Préparer l’intégration des familles le souhaitant par des actions sur le site avec l’aide de l’AREAS : atelier lecture, facilitateur de démarches administratives, animations d’été et de Noël, suivi des enfants scolarisés sur Loos.

A ce jour le collectif estime que :
-        La vie sur le site est « meilleure » que sur les anciens sites et sur les autres sites sauvages de la métropole.
-        Le climat entre les différentes communautés est relativement apaisé.
-        Les actes délictueux sont faibles (les différentes interventions des autorités se sont toujours terminées par une très faible constatation d’actes délictueux).
-        L’impact sur la population loossoise est quasiment nul.
-        La phase d’intégration a commencé puisqu’une communauté complète (celle des bosniaques) a quitté le site pour intégration sans être remplacée. De fait la population sur le site est en diminution.
Enfin le collectif fait part de son inquiétude sur des rumeurs d’expulsion.
Des échanges entre Mme le Maire et des membres du collectif se déroulent  sur le niveau qualitatif et quantitatif de la scolarisation des enfants. A ce jour la scolarisation se fait essentiellement dans les écoles Curie, Michelet, et une école maternelle des Oliveaux (l’école Anatole France étant saturée). En résumé on peut estimer que 5 à 6 enfants de tous niveaux sont scolarisés sur Loos dans des conditions régulières permettant une intégration rapide. Enfin un bus géré par l’AREAS  se déplace sur le site 2 fois par semaine pour effectuer de la préscolarisation à une dizaine d’enfants. (remarque non mentionnée dans la réunion : 7 collégiens sont scolarisés sur Lille en tant que primo arrivants)

Madame le Maire affirme qu’elle est contre les camps de population migrante « à titre personnel » car elle estime que ces regroupements ne favorisent pas l’intégration, créent des tensions entre communautés, favorisent les actes délictueux (toute communauté migrante ou pas connait des problèmes), posent des problèmes d’hygiène, créent des désagréments dans l’environnement immédiat (détournement d’électricité, intrusion sur la site pénitentiaire, même s’ils ne sont pas les seuls, détérioration d’équipements pouvant engendrer des dysfonctionnements importants (fuite de gaz par exemple).

A sa connaissance, les travaux de déconstruction des anciens logements du personnel pénitentiaire à l’entrée du site devraient commencer en mai 2014. Cette phase ne remet pas en cause l’existence du site d’installation des populations migrantes. Par contre, selon elle, les travaux de déconstruction du centre pénitentiaire devraient commencer en septembre et remettraient en cause l’existence du site d’accueil actuel.

Mme Voituriez n’a pas connaissance de projet d’expulsion dans les jours et semaines qui viennent, mais elle est en attente d’un rendez-vous avec le préfet pour évoquer le sujet avec lui.
Madame le Maire estime que la vraie solution est l’installation en habitat diffus dans la métropole pour les familles acceptant l’intégration voulue et confirmée  par la signature d’une charte. De ce point de vue la scolarisation réussie des enfants est une condition essentielle. Elle rejoint ainsi la position affirmée par le Préfet. Les autres familles sont appelées à un retour au pays car l’installation pérenne de sites accueillant des populations migrantes n’est pas envisageable.

A la question de ses projets comme conseiller délégué à LMCU dans le cadre de sa délégation spéciale auprès du Président de la LMCU sur les populations migrantes, bien que cela ne soit pas l’objet de la présente réunion, Madame le Maire répond qu’elle vient de prendre le dossier en main et qu’elle a besoin de temps pour dévoiler les projets en accord avec le président de LMCU, mais que l’intégration dans l’habitat diffus reste un objectif qu’elle défendra auprès de ses collègues Maires de la métropole.
Enfin Madame Voituriez n’est pas partisane des expulsions violentes, ni de reporter le problème par l’installation de site ailleurs pour supprimer le site de Loos.(effet domino)
Le collectif partage la solution de l’intégration dans l’habitat diffus, et de fait la disparition progressive et naturelle  des sites d’accueil par le non remplacement des familles intégrées. C’est d’ailleurs ce qui se passe actuellement sur le site du parking de la prison de Loos.  Pour autant le collectif ne voit pas comment se passer de ce site d’accueil tant que l’intégration ne soit terminée. Madame le Maire réaffirme son opposition à l’existence de sites d’accueil sans apporter de solution alternative dans l’attente d’intégration complète.

Le collectif demande à Madame le Maire de s’engager sur un moratoire sur la fermeture du site tant que les solutions d’intégration dans l’habitat diffus ne seront pas proposées et mises en œuvre. Elle prend acte de notre demande mais se refuse à prendre position ce jour. Elle souhaite pouvoir en discuter avec les autorités et son groupe majoritaire du conseil municipal de Loos avant d’apporter une réponse.
Enfin, le collectif fait remarquer que sur le site, plusieurs familles avec enfants remplissent déjà les conditions d’intégration et demande si Madame le Maire serait prête à les installer dans du logement diffus sur Loos. Ce serait un bon moyen de concrétiser la position de vraie solution et un message positif vers ses collègues maires de la métropole. Madame le Maire ne souhaite pas prendre position ce jour sur cette suggestion.

Il est convenu d’une réunion dans la même configuration au cours de la deuxième quinzaine de juin 2014 afin que Madame le Maire puisse nous donner des précisions sur les demandes du collectif. Madame le Maire contactera Mme Dhalluin pour une proposition de date.

jeudi 24 avril 2014

Notre réaction suite aux articles parus dans la presse

Deux articles de la Voix du Nord, des 16 avril et 17 avril, annoncent l’imminence des travaux de démolition de la prison de Loos qui amèneraient un départ forcé des familles installées sur le parking de cette prison. 

Devant cette perspective inquiétante, le Collectif  Citoyens Loossois tient à rappeler les faits suivants :

Ces familles étaient initialement présentes sur la commune de Loos sur 2 terrains vagues (Epi de Soil et route de Sequedin). Elles ont été déplacées sur ce terrain appartenant à l’Etat fin avril 2013, avec l’accord du ministère de la justice, et ce pour quelques années. 

Rappelons qu’à l’époque, l’urgence était de libérer l’espace de l’Epi de Soil afin de poursuivre l'essor économique de cette zone (Eurasanté). Dans une recherche commune entre la Mairie de Loos, l’Etat et LMCU pour trouver un lieu plus  « accueillant » il est apparu à tous que le site du parking de la prison de Loos pouvait satisfaire à ces conditions. 

Ce terrain apporte une réelle amélioration par rapport à leurs conditions de vie précédentes, car c’est un terrain avec sol en dur, point d’eau, et toilettes ; par ailleurs, l'organisation matérielle du parking est suivie par l’association Canal et le suivi social des familles est réalisé par l'AREAS.  Enfin, certaines animations comme une bibliothèque de rue, sont organisées par des bénévoles

La ville de Loos, la LMCU et la préfecture se sont engagées pour démarrer un projet d’insertion, ne devant pas être remis en cause par les travaux de la prison, puisqu’une aire de vie « travaux » avait même été prévue à l’époque…

Pour tous ces acteurs et pour nous aussi, cette installation a toujours été une étape transitoire  (pour les familles qui le souhaitent) vers une intégration diffuse sur Loos et dans les différentes villes environnantes ;
Les travaux de démolition de la prison, s’ils venaient à commencer dans quelques mois, ne doivent en aucun cas remettre en cause les accords précédents !

Dans le cas contraire, nous rappelons qu’il est fondamental que la circulaire interministérielle du 26 août 2012 soit appliquée, que ces familles soient accompagnées, qu’on (l’Etat et/ou LMCU) ne les expulse pas sans leur avoir trouvé et proposé un autre lieu de vie ;


C’est une question de respect des droits de l’homme.

mercredi 15 janvier 2014

Après-midi de joie et de partage avec nos amis.

Lundi 23 décembre 2013, nous nous retrouvons en début d’après midi sur le parking de l’ancienne prison de Loos.
De nombreux enfants nous attendent pour cet évènement. 3 temps sont prévus.

Les ateliers manuels :

En première partie : ateliers manuels pour permettre à tous de confectionner des petits cadeaux : jacinthes pour les parents, fabrication de boîtes à bonbons (garnies !!) pour les enfants.

Ensuite le spectacle :


La compagnie DiminiTeatro a offert un spectacle inspiré de la commedia dell’arte. Masques et gestuelle ont intéressé, captivé et fait rire petits et grands.

Enfin le goûter :

Réalisé avec la participation de quelques familles qui avaient préparé des crêpes. Tous se sont régalés avec pâtisseries, jus de fruits et friandises.

Si l’ambiance était détendue, festive et conviviale, nous le devons en partie aussi aux musiciens qui malgré le vent ont su non seulement animer ce moment festif mais captiver les enfants ; nombreux sont ceux qui voulaient toucher, essayer les instruments, sous l’œil bienveillant de leurs propriétaires.


Merci à tous pour ce bel après midi !!

dimanche 27 octobre 2013

La première rencontre régionale des collectifs Roms


Pour la première fois les collectifs Roms de la région Nord Pas de Calais se sont rencontrés. Ce sont bien 14 collectifs qui se sont retrouvés ce samedi 11 octobre à la MRES (Maison Régionale  de l’Environnement et des Solidarités) à Lille à l’initiative du collectif Roms de Lille - Métropole. De plus, certains collectifs ne pouvaient pas être présents et se sont excusés et d’autres sont en cours de création.

L’Implantation des terrains de la métropole s’est fortement dispersée au rythme des expulsions depuis 2008 et on assiste à une accentuation de cet éparpillement  ces derniers mois après le démantèlement cet été du terrain de Lille sud et à la rentrée des terrains à Roubaix Wasquehal, etc.

D’où la création de ces collectifs et associations, bien souvent à l’initiative d’associations locales ou nationales comme L’Atelier Solidaire à Hellemmes, la Cimade, ATD Quart monde, le MRAP, Emmaüs, la Ligue des droits de l’Homme, Amnesty International... et aussi des citoyens « lambda ».

De cette diversité de vécus, d’actions et de stratégies, il est bien apparu qu’il était indispensable de se coordonner,  il est nécessaire d’échanger nos informations et de tenter de mutualiser nos moyens.

De cette rencontre il est ressorti deux décisions :

Premièrement, création d’une plateforme sur internet pour un échange rapide d’informations que cela soit au niveau des actions, du droit, des aides locales, de la défense juridique,  des procès, des expulsions, des initiatives culturelles... Celle-ci sera mise en place dans un premier temps par un bénévole. 

Deuxième point, nous avons décidé l’écriture d’une charte commune définissant nos valeurs et nos stratégies pour l’ensemble des structures collectives et associatives. Un petit groupe de travail s’est créé pour cela et proposera le texte de la charte en novembre.

La nécessité d’une structure de coordination a été évoquée mais pas le désir de créer une association centralisatrice. Par la suite il est plutôt envisagé de développer un réseau à la manière de ce qui s’est fait par rapport aux migrants sur le littoral Nord.
Nous avons eu un échange très intéressant de nos expériences sur les terrains même si on peut constater des découragements de certains collectifs de mener des actions suite aux expulsions successives en particulier sur Villeneuve d’Ascq et  Roubaix, mais justement la coordination pourrait bien aider aux soutiens des familles roms  déplacées de terrains en terrains, d’où la naissance de nouveaux collectifs en particulier dans le Pas de Calais ces derniers mois...

Le « collectif de collectifs » doit devenir une force par rapport aux différentes instances de la région, municipalités, Préfectures, Région Nord Pas de Calais, intercommunalités, Etat...
Nous devons tenter de faire respecter les ordonnances du 22 aout 2012 à propos des solutions proposées lors de déménagement de terrains...

Une prochaine réunion de rencontres et d’échanges est prévue en décembre.

Caroline et Jean-Luc


mercredi 16 octobre 2013